Clémence Le Prévost Petit
Gestalt Praticienne

Mais qu’est-ce que la Gestalt ? #1

Mais qu’est-ce donc que la
Gestalt-thérapie ? C’est allemand ? C’est du massage ? Comment ça se prononce ?
Même si l’approche est de plus en plus connue, nombreuses sont les personnes à
ne pas connaître. Alors, il y a les définitions officielles bien sûr, que vous
pouvez trouver en cherchant sur n’importe quel moteur de recherche, et puis il
y a ce que l’on peut en dire parce qu’on l’a expérimentée. Une manière plus
incarnée et plus poétique de témoigner de ce qu’est la Gestalt, hors des
concepts mais au plus proche de l’expérience et de la sensibilité. Et c’est ce
que je vous proposerai désormais de manière régulière, de courts posts et
vidéos poétiques témoignant de mes 13 années passées au contact de la Gestalt.

J’ai pour ma part découvert la
Gestalt-thérapie quand je vivais à Barcelone. J’avais rencontrée une amie qui
étudiait cette approche de la psychothérapie. De retour en France, et après
quelques errances, j’ai décidé de démarrer une psychothérapie. L’expérience
dont mon amie m’avait parlé en Gestalt m’ayant intéressée, j’ai cherché sur
Google un.e thérapeute Gestalt et j’ai rencontré celui qui m’a ensuite
accompagnée durant de nombreuses années. La suite est une autre histoire, mais
cela a transformé ma vie !

Et vous alors, savez-vous ce
qu’est la Gestalt-thérapie ? Quels mots mettriez-vous dessus ?

Dans cette première vidéo,
j’évoque pour parler de la Gestalt-thérapie, la goutte d’eau et l’océan…
Evoquant le tout et l’unité.

Contrairement à certaines idées
reçues, la Gestalt-thérapie s’appuie sur un vaste champ

théorique. Un des éléments
fondateurs sur lesquels repose la théorie de la Gestalt est la théorie du
champ. Très schématiquement, imaginons qu’il y a l’océan, constitué de
milliards de gouttes d’eau. Parmi elle y a une goutte d’eau thérapeute et une
goutte d’eau patient. Ces deux gouttes d’eau vont être influencé par le
contexte dans lequel elles se situent, l’océan. Avec tout ce que cet océan
contient. Si une tortue passe, cela a un impact. Si il pleut cela a un impact.
Et les deux gouttes s’influencent entre elles. Si la goutte patient est très
déprimée elle va impacter la goutte thérapeute. Si la goutte thérapeute vient
de lire un livre sur la thérapie de couple, cela va impacter sa posture et donc
la goutte patient, et ce d’une façon toute autre que si le livre avait porté
sur le suicide. L’idée principale véhiculée par cette théorie est la notion
d’interconnexion. Et dans le travail de la Gestalt-thérapie nous allons porter
notre attention sur cela. Comment nous nous affectons les unes les autres et
comment grâce à notre interconnexion au sein de la relation thérapeutique nous
pouvons nous ouvrir à un nouveau champ de possibilités dans notre vie.

La Gestalt-thérapie c’est comme
la goutte d’eau et l’océan…

Un des autres principaux concepts
avec lesquels nous travaillons en Gestalt-thérapie est la frontière-contact. Il
faudrait un cours entier pour détailler ce concept mais l’idée que je trouve
importante à saisir est que c’est l’endroit de la connexion aux autres et au
monde. C’est comme une seconde peau invisible. Ce serait comme la membrane qui
entoure et délimite notre être psychique.

Que se passe-t-il à la frontière
entre moi et le monde ? Entre moi et les autres ? Entre moi et tel.le autre en
particulier ? La forme et la texture de notre frontière devrait pouvoir varier
avec les mouvements de la vie, mais elle peut s’être rigidifiée suite à
certaines expériences, être devenue trop poreuse à certains endroits, ou même
avoir été blessée. En restaurant la forme et la texture de notre
frontière-contact, nous guérissons, nous récupérons des aptitudes perdues. Et
c’est dans le lien que cela se fait. C’est dans des relations que la
frontière-contact prend forme et peut s’abîmer, c’est donc aussi dans une
relation qu’elle pourra se transformer et se réparer. Un relation qui soigne.
La relation thérapeutique.

Illustration @alice_geographie Vidéo @clemontheweb, rushs @pixabay - licence CC BY-ND


De la violence dans le monde à la violence en soi

Il y a quelques jours, j’ai reçu le message d’un ami brésilien. Il me
parlait entre autres choses de la situation au Brésil. Je pouvais sentir la
tristesse dans sa voix. Il me disait que le Brésil est en train de basculer
dans le fascisme et que le processus électoral autour de ce candidat,
Bolsonaro, a déjà libéré beaucoup de violence. Je ne sais pas si vous
connaissez un peu le Brésil et son histoire, mais c’est un pays qui lutte de
longue date contre la violence, comme d’autres pays d’Amérique Latine, et
l’élection de ce président entrainera une régression importante et très
regrettable. Il semblerait, entre autres réformes, que le port d’armes sera
légalisé. Certaines professions comme celle de mon ami qui est artiste et qui
peint des muraux seront probablement interdites.

Entendre la voix de mon ami m’expliquant tout cela m’a beaucoup touchée. La
violence, le fascisme, la dictature, ce n’est pas quelque chose qui n’arrive
qu’aux autres, dans de lointaines contrées. Ici en France, en Suisse, ou dans
d’autres pays de l’union européenne, nous sommes très protégé.e.s d’une
certaine manière. Nous avons aujourd’hui la chance de vivre dans des pays en
paix. De ne pas vivre la guerre sur notre territoire. Nous avons la chance de
pouvoir sortir de chez nous sans risquer notre vie. De pouvoir exprimer nos
opinions sans risque. Qu’est-ce qui fait qu’à un moment donné une nation
entière bascule dans la violence ? Bien sûr, il y a des raisons géopolitiques,
mais surtout il y a en nous la possibilité de la violence. C’est parce que les
personnes, vous et moi inclu.e.s, sont porteuses de violence, de manière infime
ou plus développée, que la violence peut prendre ces proportions et se
déchaîner. Nous aurions tort de nous croire protégé.e.s. La violence existe en
nous, dans nos familles, dans nos relations et dans nos états. Comment faire
alors pour arrêter le cycle de la violence ?

Je crois vraiment qu’il faut commencer par soi, par regarder à l’intérieur
de soi. Où se trouve la violence en nous ? Quelles formes prend-elle ?
Qu’est-ce qui la fait émerger, quelles émotions : la peur; la frustration, la
colère, la souffrance ? Et lesquels de nos besoins essentiels ne sont pas
satisfaits en lien avec l’émergence de ces émotions : la reconnaissance,
l’amour ? Nous avons chacun.e dans nos vie la responsabilité de considérer la
violence à laquelle nous prenons part. En faisant ce travail de reconnaissance,
nous pourrons apaiser la violence en nous, désamorcer cet élan qui peut nous
traverser de vouloir anéantir l’autre pour exister, pour nous protéger, pour
arrêter la douleur, faire cesser la souffrance. En nous occupant de notre
propre violence, nous contribuons à transformer le monde. Nous avons la
responsabilité de faire cesser la violence en nous et autour de nous. Nous
pouvons rester assis impuissant.e.s devant les informations, nous pouvons nous
boucher les oreilles pour ne pas entendre la voisine frapper son fils, ou notre
compagnon nous hurler dessus, ou nous pouvons prendre la décision de regarder
ce qui en nous et dans nos vies est violence et ouvre la porte à davantage de
violence. Nous avons la responsabilité de cultiver la paix en nous, dans nos
familles, dans notre travail, dans notre ville, dans notre pays, dans le monde.

La psychothérapie permet ça. La psychothérapie est un outil de restauration
de la paix en nous et à l’extérieur de nous. On ne va pas en thérapie juste
pour quelque chose qui nous arrive dans notre vie présente. On peut vraiment
aller en thérapie pour travailler des questions plus profondes, plus vastes,
des questions transversales aux individus et aux sociétés. Et la question de la
violence en est une. Nous sommes toutes et tous traversé.e.s par la violence.
Cela peut nous faire nous sentir de la honte. Alors utilisons cette honte comme
moteur pour changer. Ne taisons pas notre violence. Occupons-nous-en. La
violence, comme tout traumatisme, si elle n’est pas pensée, exprimée, se
reproduit de génération en génération. C’est un cycle infernal. Et cela génère
d’immenses souffrances. En Europe, nous portons encore les conséquences
traumatiques des deux guerres mondiales. Et à chaque conflit armé qui explose
et dont j’ai connaissance, à chaque guerre, à chaque massacre, à chaque viol, à
chaque migrant.e qui se noie ou qui est emprisonné.e, je ne peux m’empêcher de
penser l’horreur vécue et sa transmission. La perpétuation de l’horreur.

Nous sommes nombreux et nombreuses à vivre ou avoir vécu de la violence dans
nos vies. Et nous sommes nombreux et nombreuses à vouloir la paix ici et
partout dans le monde. Pour les personnes que l’on aime et pour celles que l’on
ne connaît pas. Que faire pour le Brésil ? Que faire pour le Congo et la Syrie
? Que faire pour tous les pays en guerre ? Que faire pour les enfants
maltraité.e.s ? Que faire pour les adultes maltraité.e.s, par un.e manager,
un.e collègue, un compagnon ou une compagne ? Que faire pour soi ? A notre niveau, nous pouvons déjà commencer par nous prendre en main et regarder où est la violence en nous et dans nos vies. Grâce à la thérapie, nous pouvons cesser de banaliser la violence, de la normaliser, et quitter l’état de survie qui
lui est associé.

Clémence Le Prévost Petit - Gestalt Praticienne


Retrouvez Gestalt des Lacs sur Pinterest

Pour le lancement de ma page Pinterest, j’ai le plaisir de vous présenter mon premier tableau, dédié aux fauteuils et cabinets, réels ou imaginés, de thérapeutes. Essayez d’imaginer le thérapeute qui va avec ! Quelle serait sa tête ? Qui serait-il ou elle ?

Et si on analysait les thérapeutes d’après leur cabinet ? Inversons
les rôles le temps d’un jeu, d’une histoire. Je vous invite à me laisser
des commentaires, à laisser libre cours à votre créativité et écrire
des récits, courts ou plus longs, que vous inspirent ces images.
L’imagination, la créativité, sont de très grandes ressources de l’être
humain. Savoir s’y connecter est une qualité à développer pour faire
face aux difficultés de la vie. Nous avons toutes et tous cette
compétence. Lancez-vous, je suis très curieuse de vous lire !

Retrouvez toutes les images sur Pinterest.

Et n’hésitez pas à m’écrire pour me suggérer vos propres photos de divans et fauteuils. Vous pouvez me contacter via le formulaire ou par mail à contact@gestalt-des-lacs.fr

Clémence Le Prévost Petit - Gestalt-Praticienne et esprit créatif

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